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 Pas de titre, si vous avez une idée...

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Gabrielle de Fenhrir
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Gabrielle de Fenhrir

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MessageSujet: Pas de titre, si vous avez une idée...   Dim 8 Juil - 23:40

Puisque apparemment je ne l'aie jamais postée ici et que ça manque un peu d'action ces temps-ci... 8P
Voilà le Chapitre 1 d'une histoire que j'ai commencé y'a un petit moment, sans titre, rien. J'ai pas corrigé les fautes donc forgimme si y'en a. >/

Il y a déjà trois chapitres d'écrits [dont un très court] et j'ai un peu laissé cette histoire à l'abandon, mais je l'aime bien alors je peux la reprendre à tout moment.

Chapitre I – Le Coffre

Il souleva délicatement le couvercle du coffre dans lequel il était enfermé, juste histoire de voir où il était. Cela devait faire deux heures qu’il était dans cette boîte maudite, et il commençait à se demander s’il n’était pas claustrophobe.
Rien. Le noir complet autour de lui. Il ouvrit complètement le coffre et en sortit avec précautions, ses jambes ayant du mal à supporter de devoir resservir après plusieurs heures de repos. Il devait être dans une cave. Un mouvement brutal de la pièce l’informa qu’il n’était pas dans une cave, mais dans une cale. Il était dans un bateau.
- Pourriture de coffre magique ! pesta-t-il en gratifiant le coffre d’un énorme coup de pied.
Il hurla de douleur et attrapa son pied endolori à deux mains. Il entendit alors des pas précipités au dessus de lui. Visiblement, on s’était rendu compte qu’on avait embarqué un passager clandestin .Il grommela. Ca lui apprendra à jouer à des jeux débiles. Cache-cache, non mais vraiment, quelle débilité !
Il allait falloir recommencer la partie, parce que les propriétaires du bateau n’allaient sûrement pas aimer l’idée d’avoir embarqué par erreur un petit gars d’à peine quinze ans. Il commença à jurer tout en cherchant une cachette. Il ne pouvait pas retourner dans le coffre sans risquer de se faire trimballer jusqu’à un endroit, jusqu’à une époque bien pire. Peut-être pouvait-il se planquer dans cette espèce de boîte, là-bas… il la distinguait mal dans le noir. C’était tout en longueur. Il haussa les épaules et s’approcha de la boîte. Les pas au-dessus avaient cessés, mais il entendait des cris. Il ouvrit la boîte et se glissa à l’intérieur, retenant son souffle. Il ne referma pas entièrement la boîte, car elle ne comportait visiblement aucun orifice pour respirer. Il commençait à avoir de sombres pressentiments quand un grand fracas lui indiqua qu’on avait ouvert la trappe menant à la cale. Il marmonna quelques jurons, puis se tut, essayant d’entendre ses « ravisseurs ».
- Bien sûr, bien sûr, passez devant, Capitaine, baragouinait un homme avec un fort accent espagnol.
Le Capitaine ne répondit pas, mais il l’entendit descendre dans la cale. Il osait à peine respirer. Et si c’était… des pirates ? Et si c’était pire ? Si le coffre l’avait télétransporté dans un univers parallèle ? Dans un film ? Dans un livre ? Dans un dessin animé ? Dans un…
- Le coffre a été ouvert, fit une voix d’homme, douce, lente, presque surnaturelle.
Il s’efforça de retrouver son calme. Surtout, ne pas faire de bruit. Mais il pressentait que cet homme, le Capitaine, allait de toute évidence sentir sa présence d’une façon ou d’une autre. Soudain, il entendit un rire, ténu, et pourtant retentissant.
- Je l’ai trouvé, murmura le Capitaine, sûrement à l’intention de l’espagnol, qui acquiesça en murmurant un Si à peine audible. Puis il s’adressa à lui, le passager clandestin : Montrez-vous. Allons, de toute évidence vous sortirez en hurlant quand vous vous rendrez compte de l’objet en lequel vous avez trouvé refuge.
Il sentit la panique l’étreindre. C’était vrai, après tout ; dans quoi était-il, à la fin ? Il toucha les parois, mais il ne savait toujours pas. Voyons… Il était dans une boîte, de forme rectangulaire, en bois…
Il étouffa un cri et s’agita. Un cercueil ! Il était dans un cercueil.
Il s’empressa d’ouvrir le cercueil en grand. Le Capitaine se tenait devant lui, une lampe à huile éclairant son teint livide. Il avait deux jolis yeux verts, brillants, et de longs cheveux d’un noir de jais. Il était penché vers lui. Il sourit et se redressa.
- Ravi de vous voir parmi les vivants, fit le Capitaine, avant de se mettre à rire tout seul.
Il parcourut la pièce du regard. Par où s’échapper ? L’espagnol bloquait la sortie, tenant lui aussi une lampe. Il était de taille moyenne, roux, le regard fuyant, il parlait tout seul.
- Vous venez du coffre ? demanda le Capitaine, curieux.
Il se retourna vers lui. Le Capitaine était très grand, au moins trente centimètres de plus que lui, et une quinzaine de plus que l’espagnol. Ses cheveux étaient très bien peignés et noués en une queue de cheval avec un nœud noir. Il portait des vêtements d’époque, somptueux.
Que pensait-il de ce jeunot vêtu étrangement ? Il réprima un soupir et parvint enfin à parler.
- Oui, je viens du Coffre. Qui êtes-vous ?
Ils se défièrent du regard, et de nouveau le Capitaine éclata de rire.
- Je suis le Capitaine Gabriel Evans. Enchanté, vraiment, de faire votre connaissance. Je vous retourne votre charmante question : qui êtes-vous ?
Il était cynique à souhait.
- Je m’appelle, euh… Sébastien. Moi aussi je suis content de vous connaître, euh… Capitaine.
Le Capitaine Evans se remit à rire. Sébastien fronça les sourcils ; il n’aimait pas beaucoup qu’on se paye sa tête.
- Je ne ris pas de vous, mon ami, fit le Capitaine avec un gentil sourire comme s’il avait lu ses pensées. Je ris parce que je suis heureux de vous connaître, heureux, vraiment.
Il répéta encore une fois ce mot, « Vraiment », avant de poser sa main sur l’épaule de Sébastien. Il frissonna. Les mains du Capitaine, selon toutes vraisemblances, étaient très… froides. Il s’efforça de ne pas céder à la panique. Tout allait bien se passer. Il allait passer quelques jours dans une époque révolue, puis il retournerait chez lui – par quel moyen, ça il y réfléchirait le moment venu.
Mais déjà le Capitaine l’entraînait doucement à sa suite. L’espagnol remonta vers le pont pour les laisser passer, et Sébastien et lui sortirent de la cale.
Il hoqueta. Oui, il était sur un bateau, mais rien ne l’avait préparé à ça. C’était un bateau superbe, fier, et plusieurs dizaines de matelots s’affairaient pour son bon fonctionnement. Mais surtout, c’est la mer qui l’impressionnait, cette mer plongée dans l’obscurité nocturne, qui le figeait, sa somptuosité, sa magnificence, sa grandeur, l’horizon… Sébastien eut un vertige, mais le Capitaine, sa main toujours sur son épaule, le maintenait fermement.
- C’est très beau, n’est-ce pas ? murmura-t-il sans lâcher Sébastien du regard. Vous vous en remettrez, mon ami.
Sébastien acquiesça, incapable de parler. Il n’avait jamais vu la mer de cette façon.
- Où sommes-nous ?
- En plein Atlantique, répondit le Capitaine en tournant son regard vers la mer. Nous faisons voile vers Marseille.
De nouveau, Sébastien acquiesça. Le Capitaine Evans ne semblait pas près de le lâcher. Il soupira. Jamais il n’aurait du accepter cette partie de cache-cache débile avec les filles. Le Capitaine se retourna vers lui et l’observa de la tête au pied.
- Vous portez de bien étranges habits, fit-il en plantant son regard perçant dans les yeux de Sébastien, qui déglutit.
- Heu, oui. C’est-à-dire que… je viens d’une autre époque.
Le Capitaine éclata de rire de nouveau.
- Je m’en serai douté, murmura-t-il enfin. Vous feriez bien de changer de vêtements. Il doit y en avoir à votre taille quelque part dans ce bateau. Je ferai bien de demander à Mathilde.
Sébastien haussa les épaules. Le Capitaine sourit.
- Mathilde ! appela-t-il. Mathilde, venez par ici je vous prie.
Il y eut plusieurs exclamations, et une jeune fille atterrit devant eux, faisant sursauter Sébastien. Il leva la tête pour observer la complexité des cordages, des mâts… Il était impossible qu’une fille ai pu avoir le courage de sauter de cette hauteur. Visiblement, il s’était trompé à leur sujet. Il abaissa la tête pour regarder ladite fille.
Elle était un peu plus grande que lui, et pourtant ils devaient avoir le même âge. Comme le Capitaine, elle avait des cheveux d’un noir de jais, détachés, qui lui tombaient sur les épaules. Ses yeux étaient gris à la lueur des lampes. Elle souriait. Elle portait, elle aussi, des habits d’époque, mais contrairement au Capitaine, elle ne portait pas de manteau, aussi rien ne cachait les armes qu’elle portait à sa ceinture : un sabre d’abordage et un pistolet. Elle supporta l’examen de Sébastien avant de lui tendre la main. Il la serra, incertain. Puis Mathilde se tourna vers son Capitaine.
- Vous m’avez appelée, Cap’taine ?
- Effectivement, Mathilde, sourit le Capitaine Evans. Il faudrait que tu t’occupes de Sébastien (il désigna l’intéressé qui ne put s’empêcher de rougir), que tu lui fournisses des vêtements plus… normaux. (Mathilde dévisagea Sébastien et entreprit de l’examiner à son tour) Je comptes sur toi, ajouta le Capitaine.
Mathilde termina son examen et se mit au garde-à-vous.
- A vos ordres, Capitaine !
Ce dernier partit dans un grand rire, et Mathilde attrapa Sébastien par le bras, l’entraînant il ne savait où, apparemment vers une pièce où il pourrait avoir des vêtements d’époque. La jeune fille était beaucoup plus forte que lui, et son bras le supportait assez mal. Il commença à marmonner, et Mathilde déserra un peu son étreinte. Elle s’arrêta devant une porte qu’elle ouvrit d’un coup de pied. Elle menait à un long couloir parsemé de porte. Sébastien, épaté, s’arrêta de marmonner pour admirer.
Mathilde ouvrit la première porte. Ils entrèrent dans la pièce.
- Ne bouges pas, je reviens, je vais chercher une lampe, fit la jeune fille en ressortant, laissant Sébastien seul.
Il soupira et observa la pièce. Une petite fenêtre laissait entrer la clarté de la lune, mais il ne distinguait pas grand chose. C’était une espèce de débarras, un peu comme la cale, mais en plus petit, et puis il y avait un lit.
Il s’en approcha et s’assit dessus. Il ferma les yeux dans une vaine tentative de réfléchir. Qu’allait-il faire ? Comment retourner à son époque ? Il allait recommencer à marmonner quand il entendit la porte s’ouvrir. Il rouvrit les yeux. Mathilde revenait, une lampe à huile à la main. Elle la posa sur une petite table et s’approcha d’une armoire, qu’elle ouvrit en grand, avant de se mettre à fouiller à l’intérieur. Elle marmonnait pour elle-même. Sébastien saisit quelques bribes, « Trop grand », « Non », « Trop féminin »…
Cette fille était en train de chercher des vêtements pour lui dans sa garde robe… Il la regarda faire. Enfin, elle dénicha quelque chose de satisfaisant et se retourna. Elle jeta la chemise sur le lit et se remit à fouiller pour trouver un pantalon. Profitant qu’elle était retournée, Sébastien entreprit de retirer son propre T-shirt pour enfiler la chemise. C’était une chemise en lin, ou en coton, quelque chose de confortable, avec des manches bouffantes, bref, un habit d’époque. Et il lui allait presque parfaitement, il était juste un peu trop grand, mais il ne s’en formalisa pas.
Mathilde finit par trouver un pantalon, qu’elle jeta à Sébastien. Imperturbable, elle se remit à fouiller. Sébastien ne chercha pas à savoir ce qu’elle cherchait maintenant. Il retira son jean et enfila le pantalon. Il était… il aurait été incapable de dire en quoi il était fait, mais comme la chemise, il était bien dedans, et il lui allait à peu près bien.
Il plia ses vêtements et se laissa tomber en arrière. Il aurait aimé prendre du repos, mais il sentait que ce n’était pas vraiment le genre de la maison… ou plutôt du bateau. Mathilde jeta un manteau sur le lit, accompagné d’une ceinture, d’une sorte de poignard court et de son fourreau, et d’un pistolet. Surpris, Sébastien se redressa alors que Mathilde refermait l’armoire et se tournait vers le lit.
- Pour toi, fit-elle avec une sorte de sourire.
Il mit la ceinture, à laquelle il attacha le fourreau avec le poignard à l’intérieur. Mathilde lui tendit une pièce de cuir faite pour introduire le pistolet. Il la fixa aussi à sa ceinture et y mit le pistolet. Puis il enfila le lourd manteau. Il était debout, il portait des vêtements qu’il n’aurait jamais cru porter un jour, et il se sentait étrangement à sa place. Mathilde l’observa, le considéra sous toutes les coutures, tournant autour de lui comme pour mieux l’admirer. Elle croisa les bras et sourit, triomphante.
- Cela te sied à merveille ! fit-elle, ravie. Tu t’appelles Sébastien, c’est bien ça ? Enchantée, je suis Mathilde de Loire.
Elle envoya ses cheveux en arrière, et avant que Sébastien ai pu dire un mot, elle continua :
- Ceci est ma chambre. Je suis un peu privilégiée, parce que je suis une fille, je ne peux pas dormir avec le reste de l’équipage, ce sont tous des hommes, tu comprends. Le Capitaine aussi à une chambre spéciale, mais lui c’est normal, comme c’est le Capitaine… enfin. Tu veux peut-être voir le… dortoir ? Tu risques de dormir là-bas. On ne va pas manger avant un petit moment. Tu bois de l’alcool ? Mais au fait, quel âge as-tu ?
Sébastien vacilla, écrasé de question. Mathilde s’approcha de lui et le retint.
- Excuse-moi, murmura-t-elle.
Sébastien se dégagea.
- C’est rien, ça va. Euh, je veux bien voir le dortoir, je n’ai jamais bu d’alcool à part du champagne et du cidre, et j’ai quatorze ans, presque quinze.
Mathilde le considéra d’un air surpris.
- Seulement ? Et tu n’as jamais bu d’alcool fort ? Tu es étonnant… Moi, j’ai déjà quinze ans. Et j’adore le rhum, tu devrais goûter, les pirates ne jurent que par ça.
- Les pirates, répéta Sébastien qui accusait le coup.
- Ben ouais, on est des pirates… ça t’étonne ?
Il haussa les épaules et prit la lampe comme s’il avait fait ça toute sa vie. Il ouvrit la porte et sortit. Toujours aussi perplexe, Mathilde le rejoignit.
- Alors, où il est ce dortoir ? marmonna Sébastien.
Mathilde sourit et acquiesça. Elle prit la lampe que Sébastien lui tendait et avança dans le couloir suivit du jeune homme. Les mains dans les poches, il grommelait. Non, vraiment, dans quoi s’était-il embarqué ? Des pirates. Une fille qui se comportait comme un garçon et un Capitaine bizarre, surnaturel. Sérieux, à son retour, il pourrait presque faire un film avec cette aventure ! Ou écrire un livre…
Et puis, en même temps, tout ça c’était de sa faute. Son grand-père l’avait bien mis en garde avant de mourir : le vieux coffre du grenier, celui à la serrure en or qui avait été forcée, celui qui avait des signes étranges gravés dans le bois d’ébène, il était dangereux, maléfique, il ne fallait surtout pas s’enfermer à l’intérieur, ou le pire pourrait se produire ! Mais bien entendu il n’avait pas pris compte de cette mise en garde, cela lui avait parut stupide, un coffre maléfique, et puis quoi encore ? Pourquoi pas une baguette magique, un carrosse citrouille, un balai volant ? Il ricanait encore en entrant dans ce coffre de malheur. Il riait en fermant le couvercle. Par contre, il avait moins ri quand il lui avait semblé que le coffre se déplaçait. Encore moins quand il l’avait senti ralentir.
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MessageSujet: Re: Pas de titre, si vous avez une idée...   Dim 8 Juil - 23:41

Le bruit de la porte que Mathilde ouvrit le sortit de ses sombres pensées. Elle posa la lampe sur une table et alla en chercher d’autres, un peu partout dans la pièce plongée dans l’obscurité. Elle les alluma toutes et les replaça de façon à éclairer l’ensemble de la pièce déjà légèrement illuminée par le clair de lune qui entrait par les fenêtres.
Il n’y avait que trois lits. Le reste, c’était des couvertures étendues sur le sol et des hamacs. Il sembla à Sébastien que ce lieu l’appelait. Oh, oui, comme il avait envie de se reposer. Il soupira. Mathilde l’entraîna, lui montrant les moindres recoins de la pièce. Ca n’avait rien d’extraordinaire : c’était un dortoir, de taille acceptable, dans lequel, visiblement, on dormait bien. Il y avait une porte, au fond, mais Mathilde signifia à Sébastien qu’elle était verrouillée, et que seul le Capitaine avait la clé. Personne, hormis lui, n’avait jamais vu ce que cachait cette mystérieuse porte.
- Et ils dorment tous, ici, ensemble ? fit Sébastien, visiblement réticent.
- Tous ensemble, acquiesça Mathilde. Mais rarement en même temps. Parfois, comme aujourd’hui, nous naviguons de nuit, alors l’équipage s’endort tard, et les matelots ne s’endorment pas au même moment. Ils se font des petites beuveries, des parties de cartes ou de dés…
Sébastien acquiesça. Mathilde passa devant chacune des lampes et les éteignit. Elle récupéra celle qu’elle avait laissée à l’entrée et sortit, Sébastien à sa suite. Ils ressortirent sur le pont. Le Capitaine se tenait près de l’homme qui manœuvrait la barre, les cheveux et le manteau agités par le vent, il semblait d’autant plus surnaturel. Son visage semblait briller dans la nuit. Il tenait à la main une longue-vue. Sébastien se frotta les yeux, pas par fatigue, mais par perplexité ; il n’arrivait toujours pas à croire qu’il se trouvait à une autre époque, sur un bateau pirate. A coté de lui, Mathilde elle-même ne semblait pas en revenir. Elle se rapprocha de lui.
- Faut que je te dises un truc, murmura-t-elle. A propos du Capitaine. Il est vraiment bizarre. Il ne sort jamais de jour. Certains disent même qu’il dort le jour ! Mais on ne lui dit rien, parce qu’on est habitués, bien sûr. Il est comme ça depuis le début. En fait, la plupart des marins sur ce bateau font pareil. Ils dorment le jour et travaillent la nuit. Mais pour ceux qui ont gardé un rythme à peu près normal, comme moi par exemple, on a Swenson qui remplace le Cap’taine de jour. C’est une espèce de bras droit, quoi.
Sébastien acquiesça, les sourcils froncés. Il avait de nouveau un pressentiment bizarre. L’image du cercueil dans la cale s’imposa à lui. Il la chassa, dans un geste de mauvaise humeur. Mathilde le regarda, surprise.
- T’as l’air fatigué, fit-elle. Et sous le choc. A propos, d’où tu viens ? J’veux dire, comment t’as débarqué sur ce rafiot sans que personne ne te voie ?
Sébastien déglutit. Mathilde, soupçonneuse, ne le quittait pas des yeux. Il détourna la tête vers l’horizon.
- Tu ne me croiras jamais si je te le dis.
- Tu sais, j’ai vu tellement de trucs incroyables durant les années que j’ai passées sur ce navire que je te croirais même si tu me disais que tu venais du futur.
Sébastien se tourna vers elle, catastrophé. Elle cilla.
- Tu vas quand même pas me dire que…
- Si. Je viens du futur. Ca explique mon étonnement, le fait que je n’ai jamais bu d’alcool fort, mes vêtements bizarres… en fait, je suis venu par un coffre. Comment dire… je jouais à me cacher avec des amies à moi, et puis je suis entré dans le coffre, pour me cacher tu comprends… et quand je l’ai rouvert, j’étais ici. Dans la cale.
Mathilde acquiesça lentement. A son tour d’accuser le coup, songea Sébastien en souriant, fier de sa victoire. La jeune fille lui tira la langue.
- D’accord, t’as gagné, tu viens du futur, t’es bizarre, et…
Une cloche retentit quelque part sur le bateau. Sébastien sursauta.
- …c’est l’heure de manger ! termina Mathilde en souriant devant le sursaut de Sébastien. Il lui tira la langue.
Ils firent volte-face et Mathilde entraîna le jeune homme dans la « salle à manger ».
C’était une grand pièce qui comportait une grande table ronde couverte de victuailles et une bonne trentaine de chaise. L’une d’elle ressemblait presque à un trône, Sébastien devina que ce devait être le siège du Capitaine. Déjà Mathilde l’entraînait vers la table. Ils s’assirent l’un à coté de l’autre. Plusieurs marins finissaient de déposer la nourriture et s’asseyaient en discutant.
Sébastien observa ce qu’il y avait à manger. Du poulet, du porc aussi. Il y avait beaucoup de bouteilles qui contenaient sûrement de l’alcool – du rhum ? Il y avait aussi des coupes de fruits, pommes, poires… Des épices aussi, du sel, sûrement récupéré dans la mer. Il y avait de véritables tasses en bois et en fer qui devaient servir à boire le rhum. Il déglutit. Il n’avait jamais bu d’alcool fort…
Mathilde attrapa deux chopines et une bouteille qu’elle déboucha sans ménagements avant de verser un liquide jaune orangé dans les deux verres. Sébastien fronça le nez. Ca sentait fort. Pas mauvais, mais fort.
Mathilde leva sa tasse.
- A notre passager clandestin !
Incertain, Sébastien pris sa tasse et la leva, gauche. Plusieurs marins firent de même en riant, et tous burent une longue gorgée de rhum. Sébastien regarda Mathilde – Mathilde, qui était une fille – boire elle aussi une belle gorgée d’une traite. Puis elle reposa la tasse sur la table et regarda Sébastien, qui restait là comme un imbécile, le verre à la main.
- Qu’est-ce que tu attends ? Bois !
Il déglutit et porta la tasse à sa bouche. Les sourcils froncés, il n’hésita pas, et avala la moitié du contenu d’une traite. Il reposa son verre bruyamment et avala. Il suffoquait. Il avait l’impression qu’il ne pouvait plus respirer. C’était fort, vraiment fort ! Pourquoi avait-il accepté de boire ce truc…
- Putain… putain… suffoquait-il. Mathilde l’observa, hésitant entre rire et pleurer avec lui.
- Apportez de l’eau, fit-elle à l’espagnol qui venait d’entrer. Puis elle se mit à rire sans plus pouvoir s’arrêter, pendant que Sébastien étouffait en prononçant de temps en temps ces mots, « Putain… putain… »
L’espagnol ricana et ressortit. Sébastien avait honte d’étouffer de cette manière, il avait honte de ses larmes, mais vraiment, le rhum, c’était trop fort pour lui… L’espagnol revint, une cruche à la main. Il saisit une tasse et versa de l’eau à ras bord. Il la tendit à Sébastien qui la vida d’une traite.
- Ca fait du bien, soupira-t-il. Mathilde riait toujours. Il la foudroya du regard.
Il se versa un autre verre d’eau et observa les pirates. Ils avaient commencé à boire et à manger. Ils discutaient, tout bas ou au contraire, en hurlant. Parfois, il semblait que les discussions étaient sur le point de dégénérer, mais une tierce personne s’interposait pour étouffer la dispute.
Une fois que le feu dans sa gorge se fut totalement calmé, Sébastien choisit quelque chose à manger. Il prit une des espèces d’assiettes en fer que la plupart des pirates dédaignaient et se servit du riz. Il prit une cuillère. Il hésita pour la viande, mais finalement il choisit du poulet. Il détacha une cuisse.
- Le Capitaine ne mange pas avec son équipage ? demanda-t-il à Mathilde en commençant à manger. C’était chaud et pas vraiment mauvais.
- Il vient, mais il ne mange jamais, répondit la jeune fille en se servant une belle portion de porc et quelques légumes. Je te dis, il est vraiment pas normal, ajouta-t-elle en commençant à manger avec ses doigts.
Sébastien acquiesça. Au même moment, la porte s’ouvrit et le Capitaine entra. Il avait retiré son manteau, et Sébastien put voir son sabre, de taille impressionnante. Il avait aussi un compas et une longue-vue d’accrochés à la ceinture. Apparemment il avait autre chose de fixé dans le dos, car une lanière en cuir passait en travers de sa poitrine. Il se tourna vers Mathilde qui observait son Capitaine, rêveuse, en mangeant distraitement sa viande.
- Dis, tu serais pas amoureuse du Capitaine par hasard ? ironisa Sébastien.
Mathilde sursauta et faillit cracher ce qu’elle était en train de mâcher. Elle but une gorgée de rhum et se tourna vers Sébastien.
- Amoureuse du Capitaine ? Tu racontes n’importe quoi, l’ami…
Elle leva les yeux au plafond, mais Sébastien remarqua qu’elle avait rougit. Il lui sourit, pas dupe pour un sou et se remit à manger.
- Dis-moi, y’en a beaucoup, des jeunes comme toi, dans ce bateau ? demanda-t-il au bout d’un moment, à peine sarcastique.
- Ben, à part moi, et toi maintenant… y’a Raven, qu’a dix-sept ans.
Sébastien acquiesça, cherchant des yeux le dénommé Raven. Il devait pouvoir le reconnaître, il était sûrement beaucoup plus jeune que les autres… Le Capitaine s’était assis sur son « trône ». Effectivement, il regardait les autres manger mais ne touchait pas à la nourriture. Leur regards se croisèrent et le Capitaine sourit à Sébastien qui ne put que lui rendre son sourire avant de se remettre à parcourir l’assemblée des yeux à la recherche de Raven. C’était un nom étrange, Raven… jamais entendu parler de ce genre de nom. Mais peut-être était-ce un surnom.
- Le cherche pas, fit Mathilde en buvant une nouvelle gorgée de rhum comme si c’était de l’eau. Il doit être resté sur le pont.
- Lui non plus il mange pas ? marmonna Sébastien en observant le Capitaine qui s’était mis à parler tout bas avec l’espagnol.
- Si, mais souvent il reste sur le pont pour regarder la mer.
Mathilde soupira. Sébastien leva les yeux au plafond. Ah, ces filles, elles tombent amoureuses de tout ce qui bouge, pour peu que ce soit grand, fort, courageux, romantique et mystérieux. Bon, après cela dépend des filles, mais apparemment, Mathilde était de ces filles-là.
Il se remit à manger en marmonnant. Il fallait qu’il réfléchisse ; comment allait-il rentrer chez lui ? Par le coffre, ça allait de soi, mais il ne pouvait pas commander au coffre où il voulait aller… mais en même temps, il n’avait jamais essayé… bon, c’était un peu effrayant : et s’il revenait trop en arrière ? Et s’il tombait en plein milieu d’une guerre, ou pire, un naufrage, un incendie ? Ces questions en apportèrent une autre. Il fallait qu’il parle au Capitaine.
Il se leva. Mathilde, plongée dans ses pensées, n’y fit même pas attention. Sébastien but un peu d’eau et commença à marcher vers le Capitaine. Celui-ci avait du sentir son arrivée car déjà, il tournait la tête et le regardait avancer. Il se leva à son tour. Perplexe, Sébastien s’arrêta, mais le Capitaine l’invita à s’approcher, ce qu’il fit.
Le Capitaine Evans posa sa main froide sur l’épaule de Sébastien qui réprima un frisson et leva son autre main pour réclamer le silence.
- Mes amis ! lança-t-il, et tout les pirates se tournèrent vers lui. Je vous présente Sébastien (Mathilde grimaça à l’intention de ce dernier), qui nous est arrivé par hasard, et clandestinement. Mais ne vous en faites pas, il ne nous veut aucun mal (plusieurs pirates ricanèrent, le Capitaine lui-même ne put s’empêcher de sourire), et je comptes sur vous pour bien vous comporter avec lui, et éventuellement lui expliquer les rudiments de notre art, qu’est la piraterie.
Il y eut un silence, puis un cri s’éleva, lancé par Mathilde, le bras levé, et reprit par tout l’équipage :
- AYE !
Le Capitaine éclata de rire et Sébastien se détendit. Visiblement, les pirates l’accueillait bien. Ils criaient toujours quand des pas précipités dans le couloir alertèrent le Capitaine, qui lâcha Sébastien et se retourna. Les pirates se turent. L’espagnol se leva à moitié.
La porte s’ouvrit brusquement sur un jeune homme qui ne devait pas avoir plus de dix-sept ans. Raven, songea Sébastien. Il le dépassait d’une tête et avait des cheveux blonds aussi longs que ceux du Capitaine, et eux aussi étaient noués en queue de cheval, par un nœud bleu. Il avait deux yeux dépareillés ; vairons, comme aurait dit son professeur de Sciences : l’un était bleu et l’autre brun, presque noir. Une longue-vue à la main, il était essoufflé. Il ne portait pas de manteau, mais des habits qui, bien que beaux, étaient dans un piteux état. Il avait, lui aussi, un pistolet à la ceinture, et autre chose de fixé dans le dos par une lanière en cuir.
- Capitaine, fit-il quand il parvint à retrouver une respiration à peu près normale. Bateau en vue.
Les mots furent repris par plusieurs pirates, puis l’équipage tout entier : « BATEAU EN VUE ! » Sébastien sentit leur excitation presque palpable. Un sourire presque sadique se dessina sur le visage du Capitaine. L’espagnol s’était levé, comme tout l’équipage. Mathilde rejoignit Sébastien.
- Quel genre de bateau ? s’enquit le Capitaine en posant sa main sur la garde de son sabre.
Maintenant qu’il était retourné, Sébastien pouvait voir ce qui était accroché dans son dos. Un fusil. Impressionnant.
- Je pense que c’est un bateau marchand, mon Capitaine, répondit Raven, droit comme un i. Il m’a semblé qu’il partait vers les Amériques.
- Parfait ! approuva le Capitaine avant de faire volte-face. Eh bien, qu’attendez-vous mes amis ? Allez ! Tous à vos postes !
Les pirates crièrent « AYE ! » et le Capitaine s’effaça pour les laisser sortir. Raven sortit avec eux, suivi de Mathilde et de l’espagnol. Sébastien ne savait pas du tout où il devait aller. Le Capitaine reposa sa main sur son épaule.
- J’espère que tu sais te servir d’un sabre, mon ami, murmura-t-il.
Sébastien haussa les épaules. Ensemble, ils sortirent.
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MessageSujet: Re: Pas de titre, si vous avez une idée...   Lun 9 Juil - 18:48

toujours aussi géniales tes histoires, originales surtout ! pirat
(je sais pas pourquoi elle me dit quelque chose celle-là oO)

j'ai hate de lire la suiiiteu !!
lol!
**vampires vampires ??**
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Gabrielle de Fenhrir
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MessageSujet: Re: Pas de titre, si vous avez une idée...   Lun 9 Juil - 21:40

Normal que ça te dise quelque chose, je l'avais posté sur Coin Plume Razz
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MessageSujet: Re: Pas de titre, si vous avez une idée...   Lun 9 Juil - 22:59

lol ça explique lol!

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by Plume sombre
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Gabrielle de Fenhrir
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MessageSujet: Re: Pas de titre, si vous avez une idée...   Mer 20 Fév - 12:39

J'ai réécris (enfin, disons corrigé) le début et j'ai continué cette histoire, je sais pas pourquoi mais elle me tient vraiment à coeur sans que j'aille vraiment où ça va...

Si vous voulez la nouvelle version ben... : |
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MessageSujet: Re: Pas de titre, si vous avez une idée...   Mer 20 Fév - 17:24

Poste-la, moi je l'avais pas lue la première version (étant donné que je ne venais pas encore par ici, c'est un peu normal :p), alors je lirai plutôt la version retravaillée Smile
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Gabrielle de Fenhrir
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MessageSujet: Re: Pas de titre, si vous avez une idée...   Mer 20 Fév - 17:46

Y'a pas de grandes différences, j'ai essayé de corriger quelques trucs [je dis quelques trucs parce que moi flemmarde donc corriger tout... %) plutard!]

Chapitre I – Le Coffre

Il souleva délicatement le couvercle du coffre dans lequel il était enfermé, juste histoire de voir où il était. Cela devait faire deux heures qu’il était dans cette boîte maudite, et il commençait à se demander s’il n’était pas claustrophobe.
Rien. Le noir complet autour de lui. Il ouvrit complètement le coffre et en sortit avec précautions, ses jambes ayant du mal à supporter le retour au mouvement après plusieurs heures de repos. Il devait être dans une cave. Un mouvement brutal de la pièce l’informa qu’il n’était pas dans une cave, mais dans une cale. Il était dans un bateau.
- Pourriture de coffre magique ! pesta-t-il en gratifiant le coffre d’un énorme coup de pied.
Il hurla de douleur et attrapa son pied endolori à deux mains. Il entendit alors des pas précipités au dessus de lui. Visiblement, on s’était rendu compte qu’on avait embarqué un passager clandestin .Il grommela. Ça lui apprendra à jouer à des jeux stupides. Cache-cache, non mais vraiment, quelle débilité !
Il allait falloir recommencer la partie, parce que les propriétaires du bateau n’allaient sûrement pas aimer l’idée d’avoir embarqué par erreur un petit gars d’à peine quinze ans. Il commença à jurer tout en cherchant une cachette. Il ne pouvait pas retourner dans le coffre sans risquer de se faire trimballer jusqu’à un endroit - jusqu’à une époque - bien pire. Peut-être pouvait-il se planquer dans cette espèce de boîte, là-bas… il la distinguait mal dans le noir. C’était tout en longueur. Il haussa les épaules et s’approcha de la boîte. Les pas au-dessus avaient cessés, mais il entendait des cris. Il ouvrit la boîte et se glissa à l’intérieur, retenant son souffle. Il ne referma pas entièrement la boîte, car elle ne comportait visiblement aucun orifice pour respirer. Il commençait à avoir de sombres pressentiments quand un grand fracas lui indiqua qu’on avait ouvert la trappe menant à la cale. Il marmonna quelques jurons, puis se tut, essayant d’entendre ses « ravisseurs ».
- Bien sûr, bien sûr, passez devant, Capitán, baragouinait un homme avec un fort accent espagnol.
Le Capitaine ne répondit pas, mais il l’entendit descendre dans la cale. Il osait à peine respirer. Et si c’était… des pirates ? Et si c’était pire ? Si le coffre l’avait télétransporté dans un univers parallèle ? Dans un film ? Dans un livre ? Dans un dessin animé ? Dans un…
- Le coffre a été ouvert, fit une voix d’homme, douce, lente, presque surnaturelle.
Il s’efforça de retrouver son calme. Surtout, ne pas faire de bruit. Mais il pressentait que cet homme, le Capitaine, allait de toute évidence sentir sa présence d’une façon ou d’une autre. Soudain, il entendit un rire, ténu, et pourtant retentissant.
- Je l’ai trouvé, murmura le Capitaine, sûrement à l’intention de l’espagnol, qui acquiesça en murmurant un Sí à peine audible. Puis il s’adressa à lui, le passager clandestin : Montrez-vous. Allons, de toute évidence vous sortirez en hurlant quand vous vous rendrez compte de l’objet en lequel vous avez trouvé refuge.
Il sentit la panique l’envahir. C’était vrai, après tout ; dans quoi était-il, à la fin ? Il toucha les parois, mais il ne savait toujours pas. Voyons… Il était dans une boîte, de forme rectangulaire, en bois…
Il étouffa un cri et s’agita. Un cercueil ! Il était dans un cercueil.
Il s’empressa d’ouvrir le cercueil en grand. Le Capitaine se tenait devant lui, une lampe à huile éclairant son teint livide. Il avait deux jolis yeux verts, brillants, et de longs cheveux d’un noir de jais. Il était penché vers lui. Il sourit et se redressa.
- Ravi de vous voir parmi les vivants, fit le Capitaine, avant de se mettre à rire tout seul.
Il parcourut la pièce du regard. Par où s’échapper ? L’espagnol bloquait la sortie, tenant lui aussi une lampe. Il était de taille moyenne, roux, le regard fuyant, il parlait tout seul.
- Vous venez du coffre ? demanda le Capitaine, curieux.
Il se retourna vers lui. Le Capitaine était très grand, au moins trente centimètres de plus que lui, et une quinzaine de plus que l’espagnol. Ses cheveux étaient très bien peignés et noués en une queue de cheval avec un nœud noir. Il portait des vêtements d’époque, somptueux.
Que pensait-il de ce jeunot vêtu étrangement ? Il réprima un soupir et parvint enfin à parler.
- Oui, je viens du Coffre. Qui êtes-vous ?
Ils se défièrent du regard, et de nouveau le Capitaine éclata de rire.
- Je suis le Capitaine Gabriel Evans. Enchanté, vraiment, de faire votre connaissance. Je vous retourne votre charmante question : qui êtes-vous ?
Il était cynique à souhait.
- Je m’appelle, euh… Sébastien. Moi aussi je suis content de vous connaître, euh… Capitaine.
Le Capitaine Evans se remit à rire. Sébastien fronça les sourcils ; il n’aimait pas beaucoup qu’on se paye sa tête.
- Je ne ris pas de vous, mon ami, fit le Capitaine avec un gentil sourire comme s’il avait lu ses pensées. Je ris parce que je suis heureux de vous connaître, heureux, vraiment.
Il répéta encore une fois ce mot, « vraiment », avant de poser sa main sur l’épaule de Sébastien. Il frissonna. Les mains du Capitaine, selon toutes vraisemblances, étaient très… froides. Il s’efforça de ne pas céder à la panique. Tout allait bien se passer. Il allait passer quelques jours dans une époque révolue, puis il retournerait chez lui – par quel moyen, ça il y réfléchirait le moment venu.
Mais déjà le Capitaine l’entraînait doucement à sa suite. L’espagnol remonta vers le pont pour les laisser passer, et ils sortirent de la cale ensemble.
Il hoqueta. Oui, il était sur un bateau, mais rien ne l’avait préparé à ça. C’était un bateau superbe, fier, et plusieurs dizaines de matelots s’affairaient pour son bon fonctionnement. Mais surtout, c’est la mer qui l’impressionnait, cette mer plongée dans l’obscurité nocturne, qui le figeait, sa somptuosité, sa magnificence, sa grandeur, l’horizon… Sébastien eut un vertige, mais le Capitaine, sa main toujours sur son épaule, le maintenait fermement.
- C’est très beau, n’est-ce pas ? murmura-t-il sans lâcher Sébastien du regard. Vous vous en remettrez, mon ami.
Sébastien acquiesça, incapable de parler. Il n’avait jamais vu la mer de cette façon.
- Où sommes-nous ?
- En plein Atlantique, répondit le Capitaine en tournant son regard vers la mer. Nous faisons voile vers Marseille.
De nouveau, Sébastien acquiesça. Le Capitaine Evans ne semblait pas près de le lâcher. Il soupira. Jamais il n’aurait du accepter cette partie de cache-cache débile avec les filles. Le Capitaine se retourna vers lui et l’observa de la tête au pied.
- Vous portez de bien étranges habits, fit-il en plantant son regard perçant dans les yeux de Sébastien, qui déglutit.
- Heu, oui. C’est-à-dire que… je viens d’une autre époque.
Le Capitaine éclata de rire de nouveau.
- Je m’en serai douté, murmura-t-il enfin. Vous feriez bien de changer de vêtements. Il doit y en avoir à votre taille quelque part dans ce bateau. Je ferai bien de demander à Mathilde.
Sébastien haussa les épaules. Le Capitaine sourit.
- Mathilde ! appela-t-il. Mathilde, venez par ici je vous prie.
Il y eut plusieurs exclamations, et une jeune fille atterrit devant eux, faisant sursauter Sébastien. Il leva la tête pour observer la complexité des cordages, des mâts… Il était impossible qu’une fille ai pu avoir le courage de sauter de cette hauteur. Visiblement, il s’était trompé à leur sujet. Il abaissa la tête pour regarder ladite fille.
Elle était un peu plus grande que lui, et pourtant ils devaient avoir le même âge. Comme le Capitaine, elle avait des cheveux d’un noir profond – quoique moins noir peut-être, détachés, qui lui tombaient sur les épaules. Ses yeux étaient gris à la lueur des lampes. Elle souriait. Elle portait, elle aussi, des habits d’époque, mais contrairement au Capitaine, elle ne portait pas de manteau, aussi rien ne cachait les armes qu’elle portait à sa ceinture : un sabre d’abordage et un pistolet. Elle supporta l’examen de Sébastien avant de lui tendre la main. Il la serra, incertain. Puis Mathilde se tourna vers son Capitaine.
- Vous m’avez appelée, Cap’taine ?
- Effectivement, Mathilde, sourit le Capitaine Evans. Il faudrait que tu t’occupes de Sébastien (il désigna l’intéressé qui ne put s’empêcher de rougir), que tu lui fournisses des vêtements plus… normaux. (Mathilde dévisagea Sébastien et entreprit de l’examiner à son tour) Je compte sur toi, ajouta le Capitaine.
Mathilde termina son examen et se mit au garde-à-vous.
- A vos ordres, Capitaine !
Ce dernier partit dans un grand rire, et Mathilde attrapa Sébastien par le bras, l’entraînant il ne savait où, apparemment vers une pièce où il pourrait avoir des vêtements d’époque. La jeune fille était beaucoup plus forte que lui, et son bras le supportait assez mal. Il commença à marmonner, et Mathilde déserra un peu son étreinte. Elle s’arrêta devant une entrée qu’elle ouvrit d’un coup de pied. Elle menait à un long couloir parsemé de portes. Sébastien, épaté, s’arrêta de marmonner pour admirer.
Mathilde ouvrit la première porte. Ils entrèrent dans la pièce.
- Ne bouge pas, je reviens, je vais chercher une lampe, fit la jeune fille en ressortant, laissant Sébastien seul.
Il soupira et observa la pièce. Une petite fenêtre laissait entrer la clarté de la lune, mais il ne distinguait pas grand chose. C’était une espèce de débarras, un peu comme la cale, mais en plus petit, et puis il y avait un lit.
Il s’en approcha et s’assit dessus. Il ferma les yeux dans une vaine tentative de réfléchir. Qu’allait-il faire ? Comment retourner à son époque ? Il allait recommencer à marmonner quand il entendit la porte s’ouvrir. Il rouvrit les yeux. Mathilde revenait, une lampe à huile à la main. Elle la posa sur une petite table et s’approcha d’une armoire, qu’elle ouvrit en grand, avant de se mettre à fouiller à l’intérieur. Elle marmonnait pour elle-même. Sébastien saisit quelques bribes, « Trop grand », « Non », « Trop féminin »…
Cette fille était en train de chercher des vêtements pour lui dans sa garde robe… Il la regarda faire. Enfin, elle dénicha quelque chose de satisfaisant et se retourna. Elle jeta la chemise sur le lit et se remit à fouiller pour trouver un pantalon. Profitant qu’elle était retournée, Sébastien entreprit de retirer son propre T-shirt pour enfiler la chemise. C’était une chemise en lin, ou en coton, quelque chose de confortable, avec des manches bouffantes, bref, un habit d’époque. Il lui allait presque parfaitement, peut-être juste un peu trop grand, mais il ne s’en formalisa pas.
Mathilde finit par trouver un pantalon, qu’elle jeta à Sébastien. Imperturbable, elle se remit à fouiller. Sébastien ne chercha pas à savoir ce qu’elle cherchait maintenant. Il retira son jean et enfila le pantalon. Il était… il aurait été incapable de dire en quoi il était fait, mais comme la chemise, il était bien dedans, et il lui allait à peu près bien.
Il plia ses vêtements et se laissa tomber en arrière. Il aurait aimé prendre du repos, mais il sentait que ce n’était pas vraiment le genre de la maison… ou plutôt du bateau. Mathilde jeta un manteau sur le lit, accompagné d’une ceinture, d’une sorte de poignard court et de son fourreau, et d’un pistolet. Surpris, Sébastien se redressa alors que Mathilde refermait l’armoire et se tournait vers le lit.
- Pour toi, fit-elle avec une sorte de sourire.
Il mit la ceinture, à laquelle il attacha le fourreau avec le poignard à l’intérieur. Mathilde lui tendit une pièce de cuir faite pour introduire le pistolet. Il la fixa aussi à sa ceinture et y mit le pistolet. Puis il enfila le lourd manteau. Il était debout, il portait des vêtements qu’il n’aurait jamais cru porter un jour, et il se sentait étrangement à sa place. Mathilde l’observa, le considéra sous toutes les coutures, tournant autour de lui comme pour mieux l’admirer. Elle croisa les bras et sourit, triomphante.
- Cela te sied à merveille ! fit-elle, ravie. Tu t’appelles Sébastien, c’est bien ça ? Enchantée, je suis Mathilde de Loire.
Elle envoya ses cheveux en arrière, et avant que Sébastien ai pu dire un mot, elle continua :
- Ceci est ma chambre. Je suis un peu privilégiée, parce que je suis une fille, je ne peux pas dormir avec le reste de l’équipage, ce sont tous des hommes, tu comprends. Le Capitaine aussi à une chambre spéciale, mais lui c’est normal, comme c’est le Capitaine… enfin. Tu veux peut-être voir le… dortoir ? Tu risques de dormir là-bas. On ne va pas manger avant un petit moment. Tu bois de l’alcool ? Mais au fait, quel âge as-tu ?
Sébastien vacilla, écrasé de questions, d’informations. Mathilde s’approcha de lui et le retint.
- Excuse-moi, murmura-t-elle.
Sébastien se dégagea.
- C’est rien, ça va. Euh, je veux bien voir le dortoir, je n’ai jamais bu d’alcool à part du champagne et du cidre, et j’ai quatorze ans, presque quinze.
Mathilde le considéra d’un air surpris.
- Seulement ? Et tu n’as jamais bu d’alcool fort ? Tu es étonnant… Moi, j’ai déjà quinze ans. Et j’adore le rhum, tu devrais goûter, les pirates ne jurent que par ça.
- Les pirates, répéta Sébastien qui accusait le coup.
- Ben ouais, on est des pirates… ça t’étonne ?
Il haussa les épaules et prit la lampe comme s’il avait fait ça toute sa vie. Il ouvrit la porte et sortit. Toujours aussi perplexe, Mathilde le rejoignit.
- Alors, où il est ce dortoir ? marmonna Sébastien.
Mathilde sourit et acquiesça. Elle prit la lampe que Sébastien lui tendait et avança dans le couloir suivit du jeune homme. Les mains dans les poches, il grommelait. Non, vraiment, dans quoi s’était-il embarqué ? Des pirates. Une fille qui se comportait comme un garçon et un Capitaine bizarre, surnaturel. Sérieux, à son retour, il pourrait presque faire un film avec cette aventure ! Ou écrire un livre…
Et puis, en même temps, tout ça c’était de sa faute. Son grand-père l’avait bien mis en garde avant de mourir : le vieux coffre du grenier, celui à la serrure en or qui avait été forcée, celui qui avait des signes étranges gravés dans le bois d’ébène, il était dangereux, maléfique, il ne fallait surtout pas s’enfermer à l’intérieur, ou le pire pourrait se produire ! Mais bien entendu il n’avait pas pris compte de cette mise en garde, cela lui avait parut stupide, un coffre maléfique, et puis quoi encore ? Pourquoi pas une baguette magique, un carrosse citrouille, un balai volant ? Il ricanait encore en entrant dans ce coffre de malheur. Il riait en fermant le couvercle. Par contre, il avait moins ri quand il lui avait semblé que le coffre se déplaçait. Encore moins quand il l’avait senti ralentir.
Le bruit de la porte que Mathilde ouvrit le sortit de ses sombres pensées. Elle posa la lampe sur une table et alla en chercher d’autres, un peu partout dans la pièce plongée dans l’obscurité. Elle les alluma toutes et les replaça de façon à éclairer l’ensemble de la pièce déjà légèrement illuminée par le clair de lune qui entrait par les fenêtres.
Il n’y avait que trois lits. Le reste, c’était des couvertures étendues sur le sol et des hamacs. Il sembla à Sébastien que ce lieu l’appelait. Oh, oui, comme il avait envie de se reposer. Il soupira. Mathilde l’entraîna, lui montrant les moindres recoins de la pièce. Ca n’avait rien d’extraordinaire : c’était un dortoir, de taille acceptable, dans lequel, visiblement, on dormait bien. Il y avait une porte, au fond, mais Mathilde signifia à Sébastien qu’elle était verrouillée, et que seul le Capitaine avait la clé. Personne, hormis lui, n’avait jamais vu ce que cachait cette mystérieuse porte.
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MessageSujet: Re: Pas de titre, si vous avez une idée...   Mer 20 Fév - 17:48

- Et ils dorment tous, ici, ensemble ? fit Sébastien, visiblement réticent.
- Tous ensemble, acquiesça Mathilde. Mais rarement en même temps. Parfois, comme aujourd’hui, nous naviguons de nuit, alors l’équipage s’endort tard, et les matelots ne s’endorment pas au même moment. Ils se font des petites beuveries, des parties de cartes ou de dés…
Sébastien acquiesça. Mathilde passa devant chacune des lampes et les éteignit. Elle récupéra celle qu’elle avait laissée à l’entrée et sortit, Sébastien à sa suite. Ils ressortirent sur le pont. Le Capitaine se tenait près de l’homme qui manœuvrait la barre, les cheveux et le manteau agités par le vent, il semblait d’autant plus surnaturel. Son visage semblait briller dans la nuit. Il tenait à la main une longue-vue. Sébastien se frotta les yeux, pas par fatigue, mais par perplexité ; il n’arrivait toujours pas à croire qu’il se trouvait à une autre époque, sur un bateau pirate. A coté de lui, Mathilde elle-même ne semblait pas en revenir. Elle se rapprocha de lui.
- Faut que je te dises un truc, murmura-t-elle. A propos du Capitaine. Il est vraiment bizarre. Il ne sort jamais de jour. Certains disent même qu’il dort le jour ! Mais on ne lui dit rien, parce qu’on est habitués, bien sûr. Il est comme ça depuis le début. En fait, la plupart des marins sur ce bateau font pareil. Ils dorment le jour et travaillent la nuit. Mais pour ceux qui ont gardé un rythme à peu près normal, comme moi par exemple, on a Swenson qui remplace le Cap’taine de jour. C’est une espèce de bras droit, quoi.
Sébastien acquiesça, les sourcils froncés. Il avait de nouveau un pressentiment bizarre. L’image du cercueil dans la cale s’imposa à lui. Il la chassa, dans un geste de mauvaise humeur. Mathilde le regarda, surprise.
- T’as l’air fatigué, fit-elle. Et sous le choc. A propos, d’où tu viens ? J’veux dire, comment t’as débarqué sur ce rafiot sans que personne ne te voie ?
Sébastien déglutit. Mathilde, soupçonneuse, ne le quittait pas des yeux. Il détourna la tête vers l’horizon.
- Tu ne me croiras jamais si je te le dis.
- Tu sais, j’ai vu tellement de trucs incroyables durant les années que j’ai passées sur ce navire que je te croirais même si tu me disais que tu venais du futur.
Sébastien se tourna vers elle, catastrophé. Elle cilla.
- Tu vas quand même pas me dire que…
- Si. Je viens du futur. Ca explique mon étonnement, le fait que je n’ai jamais bu d’alcool fort, mes vêtements bizarres… en fait, je suis venu par un coffre. Comment dire… je jouais à me cacher avec des amies à moi, et puis je suis entré dans le coffre, pour me cacher tu comprends… et quand je l’ai rouvert, j’étais ici. Dans la cale.
Mathilde acquiesça lentement. A son tour d’accuser le coup, songea Sébastien en souriant, fier de sa victoire. La jeune fille lui tira la langue.
- D’accord, t’as gagné, tu viens du futur, t’es bizarre, et…
Une cloche retentit quelque part sur le bateau. Sébastien sursauta.
- …c’est l’heure de manger ! termina Mathilde en souriant devant le sursaut de Sébastien. Il lui tira la langue à son tour.
Ils firent volte-face et Mathilde entraîna le jeune homme dans la « salle à manger ».
C’était une grand pièce qui comportait une grande table ronde couverte de victuailles et une bonne trentaine de chaise. L’une d’elle ressemblait presque à un trône, Sébastien devina que ce devait être le siège du Capitaine. Déjà Mathilde l’entraînait vers la table. Ils s’assirent l’un à coté de l’autre. Plusieurs marins finissaient de déposer la nourriture et s’asseyaient en discutant.
Sébastien observa ce qu’il y avait à manger. Du poulet, du porc aussi. Il y avait beaucoup de bouteilles qui contenaient sûrement de l’alcool – du rhum ? Il y avait aussi des coupes de fruits, pommes, poires… Des épices aussi, du sel, sûrement récupéré dans la mer. Il y avait de véritables tasses en bois et en fer qui devaient servir à boire le rhum. Il déglutit. Il n’avait jamais bu d’alcool fort…
Mathilde attrapa deux chopines et une bouteille qu’elle déboucha sans ménagements avant de verser un liquide jaune orangé dans les deux verres. Sébastien fronça le nez. Ca sentait fort. Pas mauvais, mais fort.
Mathilde leva sa tasse.
- A notre passager clandestin !
Incertain, Sébastien pris sa tasse et la leva, gauche. Plusieurs marins firent de même en riant, et tous burent une longue gorgée de rhum. Sébastien regarda Mathilde – Mathilde, qui était une fille – boire elle aussi une belle gorgée d’une traite. Puis elle reposa la tasse sur la table et regarda Sébastien, qui restait là comme un imbécile, le verre à la main.
- Qu’est-ce que tu attends ? Bois !
Il déglutit et porta la tasse à sa bouche. Les sourcils froncés, il n’hésita pas, et avala la moitié du contenu d’une traite. Il reposa son verre bruyamment et avala. Il suffoquait. Il avait l’impression qu’il ne pouvait plus respirer. C’était fort, vraiment fort ! Pourquoi avait-il accepté de boire ce truc…
- Putain… putain… suffoquait-il. Mathilde l’observa, hésitant entre rire et pleurer avec lui.
- Apportez de l’eau, fit-elle à l’espagnol qui venait d’entrer. Puis elle se mit à rire sans plus pouvoir s’arrêter, pendant que Sébastien étouffait en prononçant de temps en temps ces mots, « Putain… putain… »
L’espagnol ricana et ressortit. Sébastien avait honte d’étouffer de cette manière, il avait honte de ses larmes, mais vraiment, le rhum, c’était trop fort pour lui… L’espagnol revint, une cruche à la main. Il saisit une tasse et versa de l’eau à ras bord. Il la tendit à Sébastien qui la vida d’une traite.
- Ca fait du bien, soupira-t-il. Mathilde riait toujours. Il la foudroya du regard.
Il se versa un autre verre d’eau et observa les pirates. Ils avaient commencé à boire et à manger. Ils discutaient, tout bas ou au contraire, en hurlant. Parfois, il semblait que les discussions étaient sur le point de dégénérer, mais une tierce personne s’interposait pour étouffer la dispute.
Une fois que le feu dans sa gorge se fut totalement calmé, Sébastien choisit quelque chose à manger. Il prit une des espèces d’assiettes en fer que la plupart des pirates dédaignaient et se servit du riz. Il prit une cuillère. Il hésita pour la viande, mais finalement il choisit du poulet. Il détacha une cuisse.
- Le Capitaine ne mange pas avec son équipage ? demanda-t-il à Mathilde en commençant à manger. C’était chaud et pas vraiment mauvais.
- Il vient, mais il ne mange jamais, répondit la jeune fille en se servant une belle portion de porc et quelques légumes. Je te dis, il est vraiment pas normal, ajouta-t-elle en commençant à manger avec ses doigts.
Sébastien acquiesça. Au même moment, la porte s’ouvrit et le Capitaine entra. Il avait retiré son manteau, et Sébastien put voir son sabre, de taille impressionnante. Il avait aussi un compas et une longue-vue d’accrochés à la ceinture. Apparemment il avait autre chose de fixé dans le dos, car une lanière en cuir passait en travers de sa poitrine. Il se tourna vers Mathilde qui observait son Capitaine, rêveuse, en mangeant distraitement sa viande.
- Dis, tu serais pas amoureuse du Capitaine par hasard ? ironisa Sébastien.
Mathilde sursauta et faillit cracher ce qu’elle était en train de mâcher. Elle but une gorgée de rhum et se tourna vers Sébastien.
- Amoureuse du Capitaine ? Tu racontes n’importe quoi, l’ami…
Elle leva les yeux au plafond, mais Sébastien remarqua qu’elle avait rougit. Il lui sourit, pas dupe pour un sou et se remit à manger.
- Dis-moi, y’en a beaucoup, des jeunes comme toi, dans ce bateau ? demanda-t-il au bout d’un moment, à peine sarcastique.
- Ben, à part moi, et toi maintenant… y’a Raven, qu’a dix-sept ans.
Sébastien acquiesça, cherchant des yeux le dénommé Raven. Il devait pouvoir le reconnaître, il était sûrement beaucoup plus jeune que les autres… Le Capitaine s’était assis sur son « trône ». Effectivement, il regardait les autres manger mais ne touchait pas à la nourriture. Leur regards se croisèrent et le Capitaine sourit à Sébastien qui ne put que lui rendre son sourire avant de se remettre à parcourir l’assemblée des yeux à la recherche de Raven. C’était un nom étrange, Raven… jamais entendu parler de ce genre de nom. Mais peut-être était-ce un surnom.
- Le cherche pas, fit Mathilde en buvant une nouvelle gorgée de rhum comme si c’était de l’eau. Il doit être resté sur le pont.
- Lui non plus il mange pas ? marmonna Sébastien en observant le Capitaine qui s’était mis à parler tout bas avec l’espagnol.
- Si, mais souvent il reste sur le pont pour regarder la mer.
Mathilde soupira. Sébastien leva les yeux au plafond. Ah, ces filles, elles tombent amoureuses de tout ce qui bouge, pour peu que ce soit grand, fort, courageux, romantique et mystérieux. Bon, après cela dépend des filles, mais apparemment, Mathilde était de ces filles-là.
Il se remit à manger en marmonnant. Il fallait qu’il réfléchisse ; comment allait-il rentrer chez lui ? Par le coffre, ça allait de soi, mais il ne pouvait pas commander au coffre où il voulait aller… mais en même temps, il n’avait jamais essayé… bon, c’était un peu effrayant : et s’il revenait trop en arrière ? Et s’il tombait en plein milieu d’une guerre, ou pire, un naufrage, un incendie ? Ces questions en apportèrent une autre. Il fallait qu’il parle au Capitaine.
Il se leva. Mathilde, plongée dans ses pensées, n’y fit même pas attention. Sébastien but un peu d’eau et commença à marcher vers le Capitaine. Celui-ci avait du sentir son arrivée car déjà, il tournait la tête et le regardait avancer. Il se leva à son tour. Perplexe, Sébastien s’arrêta, mais le Capitaine l’invita à s’approcher, ce qu’il fit.
Gabriel Evans posa sa main froide sur l’épaule de Sébastien qui réprima un frisson et leva son autre main pour réclamer le silence.
- Mes amis ! lança-t-il, et tout les pirates se tournèrent vers lui. Je vous présente Sébastien (Mathilde grimaça à l’intention de ce dernier), qui nous est arrivé par hasard, et clandestinement. Mais ne vous en faites pas, il ne nous veut aucun mal (plusieurs pirates ricanèrent, le Capitaine lui-même ne put s’empêcher de sourire), et je compte sur vous pour bien vous comporter avec lui, et éventuellement lui expliquer les rudiments de l’art qu’est la piraterie.
Il y eut un silence, puis un cri s’éleva, lancé par Mathilde, le bras levé, et reprit par tout l’équipage :
- AYE !
Le Capitaine éclata de rire et Sébastien se détendit. Visiblement, les pirates l’accueillait bien. Ils criaient toujours quand des pas précipités dans le couloir alertèrent le Capitaine, qui lâcha Sébastien et se retourna. Les pirates se turent. L’espagnol se leva à moitié.
La porte s’ouvrit brusquement sur un jeune homme qui ne devait pas avoir plus de dix-sept ans. Raven, songea Sébastien. Il le dépassait d’une tête et avait des cheveux blonds presque aussi longs que ceux du Capitaine, et eux aussi étaient noués en queue de cheval, par un nœud bleu. Il avait deux yeux dépareillés ; vairons, comme aurait dit son professeur de Sciences : l’un était bleu et l’autre brun, presque noir. Une longue-vue à la main, il était essoufflé. Il ne portait pas de manteau, mais des habits qui, bien que beaux, étaient dans un piteux état. Il avait, lui aussi, un pistolet à la ceinture, et autre chose de fixé dans le dos par une lanière en cuir.
- Capitaine, fit-il quand il parvint à retrouver une respiration à peu près normale. Bateau en vue.
Les mots furent repris par plusieurs pirates, puis l’équipage tout entier : « BATEAU EN VUE ! » Sébastien sentit leur excitation presque palpable. Un sourire empreint de sadisme se dessina sur le visage du Capitaine. L’espagnol s’était levé, comme tout l’équipage. Mathilde rejoignit Sébastien.
- Quel genre de bateau ? s’enquit le Capitaine en posant sa main sur la garde de son sabre.
Maintenant qu’il était retourné, Sébastien pouvait voir ce qui était accroché dans son dos. Un fusil. Impressionnant.
- Je pense que c’est un bateau marchand, mon Capitaine, répondit Raven, droit comme un i. Il m’a semblé qu’il partait vers les Amériques.
- Parfait ! approuva le Capitaine avant de faire volte-face. Eh bien, qu’attendez-vous mes amis ? Allez ! Tous à vos postes !
Les pirates crièrent « AYE ! » et le Capitaine s’effaça pour les laisser sortir. Raven sortit avec eux, suivi de Mathilde et de l’espagnol. Sébastien ne savait pas du tout où il devait aller. Le Capitaine reposa sa main sur son épaule.
- J’espère que tu sais te servir d’un sabre, mon ami, murmura-t-il.
Sébastien haussa les épaules. Ensemble, ils sortirent.
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MessageSujet: Re: Pas de titre, si vous avez une idée...   Mar 8 Avr - 16:15

Voilà, j'ai enfin eu le temps de lire ton texte (c'est pas trop tôt hein :p)

Pour le moment j'aime bien, c'est bien écrit mis à part quelques petites maladresses. Juste pour le moment le Capitaine qui me fait un peu penser à Pirates des Caraïbes, mais bon je pense que ça changera avec la suite Smile
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Gabrielle de Fenhrir
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MessageSujet: Re: Pas de titre, si vous avez une idée...   Jeu 10 Avr - 16:20

C'est vrai? %) Je crois que je vais de voir PotC 2 quand j'ai commencé à écrire *keuff, keuff* donc ça doit expliquer pas mal de choses...

J'ai uploadé le reste ICHI mais il faut absolument que je relise la fin du chapitre 5 que j'ai balancé un peu à la va vite et qui est plein de fautes ou de phrases bizarres x_x /pro des phrases bizarres

Tu pourrais me dire les geuh... maladresses que tu vois? u_u
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Pas de titre, si vous avez une idée...
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