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 Roamn, besoin d'avis ou critiques

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didier
P'tit Nouveau


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Date d'inscription : 10/06/2009

MessageSujet: Roamn, besoin d'avis ou critiques   Mer 10 Juin - 11:22

Bonjour, je me décide à posté mon roman, enfin le début. Ceux qui le désirent, c'est même recommandé, peuvent laisser leurs critiques ou autres.
Merci.



De nos jours.

Baker city Oregon.

Le lieutenant John Matheson et le sergent Bill Hooker effectuaient une sortie de routine. Ils n’étaient pas coéquipiers et sortaient rarement en équipe. Mais ce jour là, les effectifs du poste de police étaient restreints. Certains en congés, d'autres en maladie, il ne restait plus grand monde pour réaliser les taches quotidiennes. D'habitude le lieutenant Matheson occupait la plupart de son temps derrière son bureau. Il gérait les affaires courantes, comme il disait. Quand au sergent Hooker, il surveillait habituellement la ville et ses habitants avec le sergent Mitchell, qui aujourd’hui, comme tous les vendredis, était de repos. Le mois de juin était déjà bien entamé. Il faisait beau, le soleil était radieux. C'était une journée à lézarder sur un transat. Les deux hommes s'étaient arrêtés déjeuner chez Maggie, au coin d'Auburn Avenue et de la 8ème. C’était l’arrêt préféré du sergent, d’abord parce que, d'après lui, on y mangeait les meilleurs steaks de tout l’Oregon, ensuite, et surtout, parce que la serveuse, Jenny, lui avait tapé dans l’œil. Il fallait dire qu’elle avait un physique à faire manger de la viande à des végétariens. Grande, blonde, des yeux noisettes, des jambes interminables. Quelque fois certains clients commandaient leur menu en plusieurs fois pour la voir plus souvent.
Ils attaquèrent leur côte de bœuf quant ils reçurent un appel radio. Une voix gresillarde retentit.
— Capitaine… Capitaine.
— Oui, j'écoute, répondit Matheson en finissant d'avaler un morceau de viande.
— On vient de nous avertir que deux corps viennent d'être trouvés à dix kilomètres d'ici.
— Deux corps ! Tu veux dire deux macchabées ?
— Oui, capitaine. C'est çà, deux macchabées.
Cela faisait deux ans qu'un cadavre n'avait pas été découvert dans le coin. Baker city était une cité tranquille. Le taux de criminalité était le plus faible de tout l'Oregon, voire de toute la côte ouest. Les habitants y vivaient paisiblement. Entourée par les montagnes Wallowa à l'est et la montagne bleue à ouest, Baker city était considérée comme un havre de paix. Les amoureux des grandes ballades et de la nature étaient dans leur élément. La police n'intervenait que pour des délits mineurs. Rien qui ne puisse perturber la quiétude de la commune. La sécurité était de mise à Baker city et les dix milles âmes qui y avaient élus domicile profitaient pleinement de sa douceur de vivre. Il n'était pas rare de voir, tard le soir, s'éterniser du monde. Soit les gens sortaient du cinéma, du restaurant, du bowling, soit les plus jeunes sortaient du "Beckies" la boite de nuit branchée du comté de Baker. Toute cette population vivait en parfaite harmonie.
Les deux policiers ajournèrent leurs repas, montèrent dans leur Ford Mustang et firent demi tour pour se rendre sur les lieux. Arrivés sur place, ils eurent une vision d’horreur. Deux corps étaient étendus par terre. Ils étaient calcinés. Le sergent Hooker n'avait jamais vu çà. Il était grand et costaud et pensait pouvoir résister à tout. Mais c'était son premier meurtre, et la vue des deux corps brûlés lui donna la nausée. Il s'éloigna et vomit son déjeuner.
— Il était pas bon le steak de Maggie, ironisa Matheson en voyant son collègue plié en deux.
— C'n'est pas çà lieutenant, mais…
Il n'eut pas le temps de finir sa phrase qu'il expulsa le reste de son repas.

A vingt six ans, pour une première dans ce genre d'affaire, Bill Hooker était servi. Jusqu'à présent il s'était surtout occupé d'intervenir sur quelques effractions et une arrestation délicate d'un fou du volant. Le lieutenant Matheson ne fit pas attention à lui. Grand, mince, la mâchoire carrée, une fine moustache au dessus de ses lèvres, il était surnommé Averell pour sa ressemblance physique avec le plus grand des frères Dalton. Il était tout aussi horrifié par ce qu'il voyait, mais au cours de ses trente années de service il avait déjà rencontré ce type de situation. A cinquante ans passés, John Matheson avait assisté à bons nombres d'atrocités.
A Portland où il officia pendant quinze ans il avait déjà vu pire. Les agressions sexuelles, les crimes violents, les corps décapités, démembrés, les viols étaient courants. Là-bas, la nuit venue, les portes et les fenêtres étaient fermées. Les mères ne laissaient pas leurs enfants sortir le soir. Les criminels n'étaient jamais en manque d'imagination dans la sauvagerie. Mais, malgré tout, il n'arrivait toujours pas à s'y faire.
On a beau avoir assisté à toute ses horreurs, on ne s'y habitue pas, se disait-il.
La minute de surprise passée, les deux policiers reprirent leurs esprits. Ils avaient un travail à faire. Le sergent Hooker alla chercher, dans le coffre de la voiture, la rubalise jaune "crime scene – do not cross" et sécurisa la zone. John Matheson informa son supérieur, Jim Bradley, le chef de la police, de la situation. Puis appela Greg Whitman, spécialisé dans les recherches de preuves, lui demandant de se rendre sur les lieux. Le premier constat des deux policiers était qu'il ne devait pas s'agir d'un accident. Ils avaient constaté que seuls les deux corps étaient consumés. Ils gisaient à dix mètres d'une maison en bois qui, elle, était restée intacte. De ce qu'ils voyaient, les deux policiers, ne savaient pas dire si les corps étaient masculins ou féminins.
— Les gars du labo vont galérer pour l'identification, fit remarqué Matheson.
— Compte tenu de l'état des macchabées, ça va pas être simple, enchérit Hooker.
— Je pense qu'on a affaire à un ou plusieurs dingues qui ont pris du plaisir à les cramer, enchaîna le lieutenant, je me demande même s'ils ne les ont pas fait flamber vivant.
La peau avait complètement disparue sur tout le corps et leurs visages n'avaient plus l'apparence d'un faciès humain. Le lieutenant Matheson demanda au sergent d'appeler le central pour savoir si des personnes avaient disparus durant cette semaine. Bill Hooker retourna à la voiture et appela le bureau de police. Après quelques instants il eut la réponse. Aucune disparition n'avait été signalée, ni à Baker city, ni dans le comté de Baker.
— Il s'agit peut-être d'individus d'un comté voisin, dit Matheson.
— J'effectuerai des recherches dans ce sens, lieutenant, ajouta Hooker.
En attendant les renforts, ils inspectèrent les lieux en faisant très attention à ne pas détériorer les éventuels indices. La maison était vide mais il était peut-être possible d'y trouver quelques empreintes. A quelques mètres en retrait le sergent Hooker pensa avoir trouvé quelque chose d'intéressant. Il appela son chef et lui montra des traces assez nettes. La terre battue avait laissé des empreintes de pneus. Matheson félicita Bill Hooker. Pour sa première véritable enquête c'était un bon début, pensa Matheson. Quelques minutes plus tard des sirènes de plusieurs voitures de police se firent entendre.

La suite dans un prochain post.
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MessageSujet: Re: Roamn, besoin d'avis ou critiques   Mer 2 Sep - 14:37

On attend la suite :p

Mis à part quelques fautes d'otho pas très grâve, pour moi c'est chouette à lire : fluide et bien fait Smile j'aime bien

Very Happy

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by Plume sombre
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didier
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MessageSujet: suite Roman   Mar 8 Sep - 18:14

Merci voilà la suite

Baker city – Oregon.

Randy éteignit son ordinateur. Sur son écran plat, il voyait son fils disparaître progressivement, au profit du logo de Windows. Il avait mis cette photo en fond d’écran, ce matin même. Randy l’avait prise ce week-end pendant qu’il se promenait dans le parc avec sa femme Patricia et son fils Matthew. Ils aimaient venir ici, l’endroit était tranquille. Les enfants pouvaient s'ébattre sur une grande aire de jeux qui leur était réservée. Tout autour, un chemin piétonnier serpentant le long des frênes et des pins, faisait le bonheur des joggers. En ce début du mois de juin, la température atteignait les vingt degrés à Baker city. Ce jour là il faisait beau, et les gens du coin affluaient pour s'y détendre.
Le parc était situé juste à côté du stade des Bulldogs, l’équipe de baseball locale de Baker city. Randy y avait joué comme receveur dans les catégories de jeunes. Ce n'était pas le meilleur à son poste, mais Doug son entraîneur, estimait qu'il possédait une bonne marge de progression. Randy admirait son père, Roy, qui fut, en son temps, un sportif de bon niveau. Il jouait en ligue mineure de baseball avec les Beavers de Portland. C'était là qu'il avait connu Marilyn, sa femme, et qu'ils avaient conçu et élevé, Randy, jusqu’à l’âge de cinq ans. Ensuite, Roy trouva un job de commercial dans le matériel de golf au Baker city Golf Club. Sa mère, institutrice, le suivit.
Comme Randy, son père était receveur. Un des meilleurs de l'Oregon aux dires de certains et avait la particularité d'être gaucher. Ce qui était rare à ce poste. Il emmenait souvent son fils voir des matchs et lui prodiguait de temps en temps des conseils.
Randy avait toujours été accro à ce sport. Tout jeune, il jouait dans la rue avec ses copains selon des règles qu'ils transformaient pour les besoins du lieu. Il était évident que dès le début Randy, se passionnait pour le baseball. Il tannait souvent son père pour avoir un gant et quand il en eut un, il lui arrivait fréquemment de dormir avec. Il collectionnait les cartes à l'effigie de tous les grands joueurs. Il en détenait un nombre incalculable. Randy les gardait précieusement et rêvait d'avoir la sienne. Dans sa chambre, il avait fixé au mur un poster de Tom Glavine, la vedette de l'époque. Quelques fois, quand le temps ne le permettait pas, il
s'entraînait dans la maison. Le salon devenait son terrain de jeu. La batte à la main, il swinguait de toutes ses forces et quand sa mère le surprenait elle lui confisquait son engin.
Un jour, l'entraîneur des Volcanoes de Salem, par amitié pour Roy, avec qui il avait joué, lui demanda de venir faire un essai. Randy en était tout excité et mettait les bouchées doubles à l'entraînement.
Malheureusement, un jour, en cours d'exercice, alors qu'il s'apprêtait à recevoir une balle, il sentit son genou se tordre. Il refusa d'y prêter attention. Il se disait, comme tous les sportifs, que cela passerait, que ce n'était qu'une blessure passagère. Mais la douleur revint le lendemain et empira. Deux jours après il ne pouvait plus marcher. Ce genre de blessure vous mettait sur le carreau pendant six mois.
C’était la veille de ses seize ans. Randy fut mal soigné. Il avait vu deux spécialistes des articulations. Le docteur Brown, rhumatologue à l'hôpital St Elizabeth de Baker city qui lui avait conseillé de porter un plâtre pendant un mois. Et, à l'Oregon state hospital de Salem, le docteur Guttenberg préconisait l'opération. En concertation avec son père il avait choisi d'être plâtré. Il ne s’en était jamais remis. Mauvais choix, mauvais conseil, mauvais diagnostic ou le destin peut-être. Après sa blessure, il ne retrouva jamais les dispositions physiques suffisantes pour espérer jouer au niveau qu'il souhaitait. Son rêve s'envolait.

Assis sur un banc, à l'ombre d'un conifère, Randy regardait son fils faire des allers-retours en vélo sur le sentier. Il venait d'avoir sa bicyclette la semaine passée pour ses sept ans. Un vrai vélo, sans les deux petites roues stabilisatrices à l'arrière. C'était un grand maintenant, il n'avait plus besoin des quatre roues. Matthew n’était pas encore très sûr de lui, et zigzaguait entre les joggers. Patricia l’aidait, tant bien que mal, à rester en ligne en tenant d’une main la selle de son vélo. Cela faisait rire Randy. Il savourait ces moments de complicités en famille. Il mitraillait ces instants se disant qu’il en tirerait sûrement quelques bonnes photos. Patricia s’amusait aussi de la situation. Elle était sportive et courir près de son fils était, pour elle, un plaisir. Randy regardait sa femme avec passion. Il la trouvait merveilleuse. Pour tout l'or du monde il n'en aurait voulu une autre. Il avait trouvé la femme idéale. Celle qui ferait son bonheur. Il le lui disait souvent. Cela faisait maintenant huit ans qu’ils se connaissaient et rien n’avait changé. Ils s’aimaient toujours.
Ils s’étaient croisés dans une file d’attente au Eltrym theater. Le cinéma de Valley avenue. Ce jour là on jouait Ocean’s eleven avec Georges Clooney. Randy avait accroché son regard clair en longeant la file d’attente pour y prendre sa place. Pourtant ce soir là elle n’avait rien fait pour attirer les regards sur elle. Elle portait un jean large et un gros pull marron en mohair. Un bonnet en laine recouvrait ses cheveux blonds laissant juste dépasser quelques mèches sur sa nuque. Rien de très sexy. Il faisait frais. C’était le début du printemps et en soirée la température dans ce coin de l’Oregon n’incitait pas à se découvrir. Randy saisit de nouveau son regard lorsqu’elle se retourna. Il y eut, alors, comme une étincelle. Cela avait duré cinq secondes, mais elles furent suffisantes pour que quelque chose d’inexplicable parcours le corps de Randy. Les yeux verts et le visage ronds de Patricia l’avaient hypnotisé. Elle lui avait souri. Enfin, il n’en était pas sûr, mais il avait cru. Dans la salle obscure il s’était arrangé pour s’asseoir à côté d’elle. Et cela n'avait pas été facile. Le film faisait recette et le public était venu en masse. Il avait du batailler dur pour arriver à ses fins. Il aurait aimé engager la conversation, mais il ne savait pas comment l’aborder. Il ne voulait paraître ridicule.
Randy n’aimait pas l’idée de passer pour un dragueur des salles obscures. Et puis ce n’était son genre. Déjà à l’école, il n’abordait que rarement les filles. Il préférait les voir venir vers lui. Sentir qu'il les attirait. Et elles venaient. Il avait déjà un physique agréable. Il est mignon, disaient les filles de l'école. Surtout Amy Stewart, une petite blonde aux yeux verts avec qui il était sorti presque une année entière. C’était elle qui l’avait quitté pour sortir avec un balèze du foot américain. Il avait eu du mal à s’en remettre. Randy s’attachait facilement, c‘était un romantique.
L’odeur du parfum de Patricia lui parvenait jusqu’aux narines. Il profitait de cet instant pour le respirer à pleins poumons. Il adorait ce parfum. Il ne savait pas dire si c’était du lilas, du jasmin ou autre chose, mais il l’aimait déjà. Il aurait donné n’importe quoi pour que ce moment dure longtemps. Il profitait de chaque seconde. Randy savait que cela aurait une fin.
Après, elle irait sans doute retrouver son petit ami. Il avait dû rester avec ses copains. Voir Clooney ne devait pas le passionner. C’était bien pour les filles ce genre d’acteur. Il préférait certainement jouer au poker. Ça, c’était une occupation d’homme. Peut-être était-elle amoureuse. Randy espérait, au fond de lui, que non.
Il la raccompagne dans son coupé Mercedes flambant neuf. Il lui propose de finir la soirée chez lui. Elle n’est pas contre l’idée de boire un dernier verre. Il débouche une bouteille de champagne, du vrai qui vient de France, de Reims. Ils s’échangent les coupes. Chacun trempant ses lèvres dans le verre de l’autre. Ils s’embrassent. Ils basculent sur le canapé.
Randy releva son visage et aperçut Patricia essayant tant que mal de lire par-dessus ses épaules le programme du mois d’avril de l’Eltrym théater. Il était en train de le triturer en tournant les pages dans n’importe quel ordre. Ce fut elle qui l’aborda.
— Je peux vous emprunter le programme, demanda-t-elle.
— Le programme… Ah !... Oui… Bien sûr, bredouilla Randy.
Ses lèvres dessinèrent un sourire et il lui donna.
"Pourquoi tu n'en as pas profité pour engager la conversation ? C’était l’occasion rêvée. Mais pour lui dire quoi ? Je vous en prie, avec plaisir. En plus, elle a bien vu que je ne le lisais pas ce foutu programme."
Si Randy avait pu se flageller il l'aurait fait sur le champ.
Durant le film leurs bras s'effleuraient souvent sur l’accoudoir. D’habitude cela le gênait toujours et il finissait généralement par plaquer son bras sur ses jambes. Mais là il n’en fit rien. A chaque fois qu’ils se touchaient il en avait des frissons. Randy s’était complètement détaché du film. Cette fille lui prenait toutes ses pensées. Elle l’attirait terriblement. Pourquoi ne pas avoir fait le premier pas. Il s’en voulait, mais en même temps, il se disait quelle aurait pu le rejeter. Peut-être l’avait-elle regardé comme elle regardait les autres hommes. Après tout, Il ne la connaissait pas. Il ne savait rien d'elle.
En voyant Georges Clooney sur l’écran géant il se demandait s'il était son type d’homme. Il essayait de se trouver une quelconque ressemblance avec lui. Mais, contrairement à l’acteur, il avait les yeux bleus, les cheveux châtains clairs, et son visage était plus rond. Et surtout, il était moins sexy. Ça, il en était sûr. Par contre, il avait une bonne dizaine d’années de moins. Et il pensait que ce critère pouvait jouer en sa faveur.
A la sortie du cinéma il l’avait suivi discrètement jusqu’à Carter Street, trois blocs plus loin. Patricia louait une chambre dans une maison. Les propriétaires avaient aménagé leur sous-sol en créant deux chambres. Patricia occupait celle qui donnait sur la rue. Un peu bruyante, mais beaucoup plus claire que celle qui s'ouvrait sur la cour intérieure.
Le lendemain, comme tous les dimanche matin, Randy faisait son jogging, une pratique qu'il avait conservé depuis sa blessure. D’habitude, il empruntait Elton avenue, puis longeait Mitchell avenue jusqu’au stade de baseball, puis finissait par cinq tours du parc. Cette fois, il partait en sens inverse par Baker street pour passer devant la maison où il avait vu entrer Patricia. Il était neuf heures du matin et avait aperçut les volets de sa chambre ouverts. Il fit le tour du pâté de maison plusieurs fois, quatre exactement, il les avaient compté, avant de la voir sortir. Elle était en jogging et coiffé d’un casque de baladeur. Elle commença à courir et s'engagea sur Hilton avenue. Randy la rattrapa cinq cent mètres plus loin. Il fît comme s'il ne l'avait pas remarqué et la doubla. Puis, l'air de rien, tourna la tête, feint la surprise, et lui fit un signe de la main. Il piétina sur place et attendit qu’elle arrive à son niveau. Un peu essoufflé, il osa lui parler.
— Vous me remettez… Le cinéma, hier soir.
— Oui, bien sûr, c'est drôle de se croiser comme ça, répondit Patricia, surprise.
— Oui. Le hasard ! Le monde est petit. On peut faire un bout de chemin ensemble, si vous vous voulez, se risqua Randy.
— Avec plaisir, rétorqua-t-elle en souriant.
Il adapta sa foulée à la sienne et continua la conversation.
— Vous courrez souvent ?
— De temps en temps. Et vous ?
— Tous les dimanches… Mais je ne connais même pas votre nom !
— Smith… Patricia Smith. Et vous?
— Randy Seagren.
La demi heure de jogging à ses cotés lui avait parut trop courte. Il avait quand même, sans trop de mal, obtenu un rendez-vous pour le soir même.

Vers dix huit heures Patricia entreprit de prendre un bain. Pendant que l'eau coulait généreusement dans la baignoire, elle cherchait dans un placard ce qu'elle pourrait mettre ce soir comme vêtement. Elle sortit plusieurs jupes et pantalons, mais n'arrivait pas à se décider, soit cela n'allait pas avec le haut qu'elle voulait porter, soit elle trouvait ça trop ringard. Elle verrait ça plus tard. Le bain la détendit, elle se sentait un peu nerveuse. Patricia voulait faire bonne impression vis-à-vis de Randy. Elle choisit finalement un pull blanc et une jupe noire qu'elle venait d'acheter la semaine dernière, puis elle consacra un peu de temps à son maquillage.
A dix-neuf heures trente elle attendait, assise dans son fauteuil en rotin, un verre de soda à la main, quand la sonnerie de la porte se fit entendre. Randy se tenait devant l'entrée. Il se mit à douter. Devait-il la tutoyer ou la vouvoyer ? Il hésitait encore quand la porte s'ouvrit.
— Bonsoir, lui dit-il embarrassé, espérant qu'elle prenne l'initiative de la démarche.
— Bonsoir, comment vas-tu ? répondit Patricia, dans un large sourire.
Rassuré, Randy pris son courage à deux mains et osa un compliment.
— Tu es superbe.
— Merci toi aussi, précisa-t-elle en le contemplant dans son costume gris clair.
Randy le trouvait un peu trop grand pour lui, mais c'était le seul qu'il possédait. Ils se regardèrent quelques secondes sans rien dire. Randy voulait parler, mais restait interloqué. Il finit par balbutier.
— J'avais prévu Pizza Hut, mais je crois que je vais changer mes plans.
— Tu as tort, j'adore les pizzas, objecta Patricia.
Randy fut surprit de la réponse, il avait dit cela sur le ton de l'humour, pensant que cela ferait son effet.
— Ah ! Bon, et bien, va pour une pizza, enchaîna-t-il.
Il souhaitait la conduire à la pizzeria dans sa voiture. Une Ford Mustang coupé bleue des années soixante qu'il avait acheté à bas prix dans une vente aux enchères. Il s'était évertué à l'astiquer pensant épater Patricia. L'effet ne fût pas celui escompté. La Pizza Hut était située Campbell Street à cinq cent mètres de chez elle, et Patricia désirait y aller à pied. Randy ne voulut pas la contrarier.
Ils s'installèrent sur la seule table de libre, près des toilettes. Cela gênait Randy qui aurait préféré, pour un premier rendez-vous, un restaurant plus romantique ou tout au moins une table plus poétique.
— Je suis désolé, j'aurais aimé... dit Randy
— Ne t'en fais pas, c'est parfait et, au moins, si on a une envie pressante, on aura pas loin à faire, coupa Patricia amusée de la situation.
— Tu as raison, convenu–t-il en riant.
Ils passèrent plus d'une heure à parler de tout et de rien, ne s'interrompant que pour rire, manger et boire.
Peu avant minuit, Patricia décida qu'il était temps de partir. Il l'a raccompagna jusqu'à chez elle. Devant l'entrée du studio, Randy s'aventura à l'embrasser. Elle accueillit ses lèvres avec enthousiasme.
C'était là, dans un restaurant bas de gamme de Baker city, devant une pizza quatre fromages que leur histoire avait commencé.
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